On pense aux images qui parviennent de Pripyat et de Tchernobyl

Figures d'un Monde en Sursis - Claude Molzino, Matthias Koch

On pense aux images qui parviennent de Pripyat et de Tchernobyl trente ans après …

…l’on sait les centaines d’années qu’il faut pour qu’une zone contaminée puisse redevenir vivable, et ce lointain “comme avant” semblant dorénavant sinon interdit du moins peu crédible, c’est à de l’irréversible que nous nous trouvons confrontés. Curieusement les bâtiments à l’abandon se ressemblent, qu’ils aient été terminés ou pas ; l’inhabitation les transit du même intense délaissement, comme d’une déréliction continuée qui montre un présent sans avenir car personne ne reprendra le chantier figé à jamais et cette carcasse de bâtiment n’aura donc pas non plus de passé, d’histoire faute d’être parvenue à terme : image immobile suspendue dans un non-présent où ne reste que ce qui n’a pas été, vacuité de ce temps sans fin de la fin. Dans les zones irradiées, aucune descendance n’est envisageable, le présent se referme sur lui-même dans son inexorable stérilité, sa fausse éternité. »

Figures d’un Monde en Sursis, Claude Molzino, photographies de Matthias Koch