Claude Molzino

philosophe, agrégée et docteur en philosophie, vit et enseigne à Paris

Claude Molzino, philosophe, agrégée et docteur en philosophie, vit et enseigne à Paris. Auteur notamment de La vérité en musique et Mémoire de l’ombre.

Figures d'un Monde en Sursis - Claude Molzino, Matthias Koch

Figures d’un Monde en Sursis

Editions L’Harmattan, Photographies de Matthias Koch

Regardons le monde tel qu’il est, sans complaisance ni hostilité, et essayons de comprendre où nous en sommes. C’est ce que propose cet essai construit en dialogues : entre l’oeil et l’esprit, car philosophie et photographies s’éclairent réciproquement pour élaborer une compréhension de ce monde dont nul ne peut ignorer l’inquiétante fragilité. Dialogue également entre hier et aujourd’hui. Si ces images donnent une vision incarnée du présent, la conversation avec des penseurs contemporains ou anciens pour les interpréter veut honorer l’actualité toujours vivante de toute vraie philosophie.

La vérité en musique Claude Molzino

La Vérité en Musique

Dans quasi toute son histoire, la philosophie a volontiers cultivé son affinité native avec les arts plastiques mais elle s’est en revanche employée à négliger voire mépriser la musique. Un tel bâillon parle et trahit la fascination apeurée que l’art musical, comme un chant de sirènes, produit chez le philosophe. C’est que, loin d’être, comme tour art du reste mais plus radicalement, un divertissement agréable, la musique déploie un autre sens du sens et de la vérité que ceux définis philosophiquement : si elle n’a pas de sens, c’est parce qu’elle est sens. Dans cet essai, l’auteur propose de se mettre à l’écoute de ce sens, autant que le travail du langage et du concept le permet. Porter le langage à sa limite revient ici à dessaisir le sujet de sa position cartésienne de souveraineté pour reconnaître en son tréfonds, sa constitution de vivant respirant d’un souffle qu’il ne peut que recevoir. La respiration porte le rythme qui anime la musique. Par l’analyse de la différenciation rythmique, on pourra comprendre comment le silence, cet indifférencié absolu, est lieu de provenance de toute musique. Les références faites en chemin aux compositeurs, essentiellement Jean-Sébastien Bach, Robert Schumann, Olivier Greif et Henri Dutilleux conduisent par-delà la diversité des siècles et des styles, à ce même creuset d’absolu dont éclôt toute musique.

Memoire de l'ombre Claude Molzino

Mémoire de l’Ombre

La gravure est souvent tenue pour un art mineur, vaguement soupçonnée de trahir l’originalité créatrice par la reproductibilité que suppose sa technique, sourdement suspectée de frayer avec l’artisanat par son exigence de minutie et de patience ; on la considère plus ou moins comme anachronique, intempestive, presque une manie d’artiste érémitique. La gravure est pourtant un art ; c’est-à-dire comme tout art une pratique de la vérité.
Moins flatteuse et moins immédiate que la peinture, la gravure offre au regard des œuvres dont la difficulté et l’exigence répondent à l’ascétisme que requiert son élaboration.

Journal du Japon

Un journal s’écrit avec ce que l’on ne dit pas aux autres. Il est fait des mots que l’on n’adresse qu’à soi, et malgré ce que l’écriture apporte d’extériorisation, le journal conserve son caractère fondamental d’intimité même s’il va jusqu’à la confession. L’espace que peut ouvrir la parole confessante reste intérieur, quoi qu’il en soit des aveux qui peuvent s’y proférer, et l’écho dont il résonne n’est audible que pour celui qui s’y livre, car il est de silence.

Robert Groborne, né à Alger en 1939, travaille à l’écart du monde, dans son atelier. Pour lui, la sculpture n’est qu’un des états, une des étapes, d’une recherche qui passe aussi par la gravure, le relief, le dessin, la peinture, la photographie. 
Agrégée et docteur en philosophie, Claude Molzino vit et enseigne à Paris.